11 Mar - 13 Mar, 2021


Eglise et christianisme au Maghreb : Antiquité et Moyen Age 7e Colloque international

Eglise et christianisme au Maghreb : Antiquité et Moyen Age  7e Colloque international

Faculté des Lettres et des Sciences humaines de Sousse
laboratoire LR13ES11, Occupation du sol, peuplement et modes de vie dans le Maghreb antique et médiéval

Eglise et christianisme au Maghreb : Antiquité et Moyen Age

7e Colloque international du laboratoire LR13ES11, Occupation du sol, peuplement et modes de vie dans le Maghreb antique et médiéval

Université de Sousse, Faculté des lettres et des sciences humaines de Sousse,

11,12 et 13 mars 2021

 

En  proposant de revenir sur l’histoire de l’Eglise et du christianisme au Maghreb antique et médiéval, le 7e  colloque  international du laboratoire LR13ES11 souhaite relancer la réflexion sur un sujet dont on n’a pas encore épuisé tous les aspects et qui peut mieux profiter des récents progrès de la recherche, notamment en géographie historique et plus globalement en matière de connaissance  des territoires antiques et médiévaux.

ANTIQUITE

 Aujourd’hui, plus d’un siècle après la parution de l’ouvrage du père Mesnage « L’Afrique chrétienne. Evêchés et ruines antiques », il importe de prendre en compte les nouveaux résultats de la recherche et de capitaliser les nouvelles données que l’activité archéologique – fouilles programmées, de sauvetage, prospections, inventaires – a mises  à notre disposition. Ce faire, bien entendu, partant de la  masse documentaire disponible, appelle à revenir sur certains questionnements  et à en tenter de nouveaux. Quid des origines et des débuts du christianisme en Afrique ? Quid des persécutions et de leurs conséquences? Quid  du clergé de l’époque, de son organisation, de ses ténors et grandes figures ? Comment comprendre le succès du christianisme en terre africaine ? 

Cependant, comme l’histoire de l’Eglise et du christianisme d’Afrique est aussi faite de fractures, le colloque s’intéressera également aux schismes et hérésies pour essayer d’en souligner les manifestations, depuis les premières discussions sur le baptême des hérétiques du temps de Cyprien  jusqu’au donatisme et même au-delà, à travers les  controverses et les polémiques. Bien entendu, de tels points trouvent moins intérêt dans les faits eux-mêmes - par ailleurs bien étudiés par les spécialistes -  que dans l’appréciation de leurs retentissements sur l’Eglise africaine, leur  interférence avec des questions de société, d’économie  et de culture ainsi que leurs significations profondes, notamment quand il s’agit du donatisme. De même, n’étant pas seul sur la scène religieuse, le christianisme doit être étudié dans ses rapports avec le judaïsme et le paganisme, deux concurrents face auxquels, il développa des stratégies et des attitudes diverses signifiées par des faits réciproques de prosélytisme, de syncrétisme et parfois même par de fortes tensions.

 Lors du siècle vandale, siècle difficile au cours duquel les Chrétiens  eurent à subir la persécution arienne, campant sur les positions nicéennes, l’église d’Afrique ne renonça pas à la défense de l’orthodoxie. Ses actes de résistance furent multiples, menées au quotidien, par des humbles et des moines mais aussi par des évêques disciples d’Augustin, des théologiens de renommée tels que Fulgence de Ruspe, Vigile de Thaspe et Eugène de Carthage. En cette période que l’archéologie a récemment éclairée de précieuses découvertes, le christianisme africain maintint sa latinité, conserva beaucoup de ses traits, notamment le monachisme qu’à la suite de Saint Augustin, développa Fulgence, le natif de Thélepte, en multipliant les lieux de retraite, notamment en Byzacène, sur la côte, à Ruspe,  à Chilmi et à Kneis… Mais, l’Eglise, en cette période, n’en est pas moins amoindrie, notamment en Proconsulaire, province où s’établirent massivement les Vandales.

La restauration vint en 534 avec les Byzantins dont la reconquista se voulait aussi religieuse. Il s’en suivit - malgré  deux grandes crises, les trois chapitres et le monothélisme – une réorganisation profitable ainsi qu’un rayonnement  porté par de grandes figures telles que  Facundus d’Hermiane, Victor de Tunnuna, Primasius d’Hadrumète, Verecundus de Iunca, autant de docteurs  qui veillèrent sur l’orthodoxie et l’indépendance si chères à l’Eglise d’Afrique. Attesté par l’archéologie à travers de multiples vestiges de nouveaux édifices ainsi que des niveaux d’agrandissement et de remaniements de monuments antérieurs, le dynamisme est aussi  signalé par les sources écrites qui évoquent le développement de la vie monastique et relèvent des entreprises de prosélytisme menées auprès des  tribus Maures. Au niveau du culte, des confirmations d’orientation se précisent avec le maintien de l’inhumation privilégiée, un plus large éventail de saints orientaux honorés ainsi qu’un intérêt plus soutenu pour le culte marial ainsi que pour les reliques. L’influence orientale est aussi dans l’architecture visible au niveau de certaines parties de l’édifice religieux, avec l’adoption de l’abside à niches couverte d’une demi-coupole, de la contre abside et du déambulatoire. Certaines églises sont même montées en kit, à partir d’éléments architecturaux importés d’Orient…Inégalement abordés, n’étant nullement épuisés, tous ces sujets – parmi tant d’autres- en appellent à bien de nouveaux  traitements …

  Moyen Age

Qu’advient-il du christianisme au Maghreb au Moyen Age ? L’historiographie n’est pas unanime sur la question d’autant que nous ne disposons que de rares sources épigraphiques ( En- Ngila et Qairouan) et que les témoignages littéraires d’époque sont insuffisants et  laconiques ( absence de listes épiscopales). Au haut moyen âge, l’Eglise romaine chercha à ressusciter l’Eglise d’Afrique mais l’effort ne porta pas grands fruits. Certes, il n’y eut pas de disparition brutale et le christianisme put se maintenir çà et là à travers quelques communautés, en Ifriqya mais aussi dans d’autres parties du  Maghreb. Les sources font aussi état d’individualités chrétiennes gravitant autour du pouvoir – notamment sous les Aghlabides, Zirides… Cependant, nous demeurons encore  peu  informés sur les derniers temps du christianisme primitif. Quelle en était l’organisation ? Quelles étaient les relations de l’Eglise d’alors avec Rome et la papauté ? Qu’en était-il du monachisme ? Que dit l’archéologie de tout cela sachant que l’on parle souvent  de réemploi et de réoccupation ? Quelles autres formes de  rémanence culturelle du christianisme dans le Maghreb devenu musulman ?

Telles sont certaines des questions que nous souhaitons approfondir lors de ce colloque qui se tiendra les 11, 12 et 13 mars 2021 à Sousse.

Calendrier  et modalités de soumission.

Le 30 octobre 2020 : date limite de soumission des propositions de participation avec résumé ( 4000 signes max. espaces compris ) et CV succinct à faire parvenir au laboratoire   par e. mail à l’adresse suivante :  labohistoire.soussegmail.com

Le 15 décembre 2020 : envoi des notifications par le comité scientifique du colloque.

Comité scientifique :

François BARATTE (Université Paris IV- Sorbonne)

Fathi  BEJAOUI (Institut national du patrimoine, Tunis)

Faouzi  MAHFOUDH( Institut national du patrimoine, Tunis)

Maria Del Mar MARCOS SANCHEZ (Université de Cantabrie/Santander)

Jean-Michel MOUTON (Ecole pratique des hautes études, Paris)

 Abdellatif MRABET (Université de Sousse)

Michel-Yves PERRIN (Ecole pratique des hautes études, Paris)

Les 11, 12 et 13 mars 2021 : tenue du colloque.

Le 30 mai 2021 : Date limite de remise des textes pour publication.

Les langues de travail pendant le colloque sont l’Arabe, le Français et, éventuellement, l’Anglais.

N. B. : Le laboratoire prendra à sa charge les frais de logement des participants